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Compléments probabilistes ​

Plan :

  1. Tribu cylindrique et fonctions aléatoires
  2. Tension, théorème de Prokhorov
  3. Théorème de représentation de Skorokhod

1) Tribu cylindrique et fonctions aléatoires ​

Pour considérer des fonctions aléatoires i.e. variables aléatoires à valeurs dans des espaces fonctionnels, souvent appelés processus stochastiques, il faut définir une tribu sur ces espaces. C'est l'objet de la tribu cylindrique.

Pour simplifier, on se concentrera sur $\mathbb{R}^{[0,1]} = \{f : [0,1] \rightarrow \mathbb{R}\}$.

Rappel : Si $(\Omega, \mathcal{A}, \mathbb{P})$ est un espace de probabilité et $(E, \mathcal{E})$, $(F, \mathcal{F})$ sont deux espaces mesurés :

  • Si $f: E \rightarrow F$, alors $\sigma(f) = \{f^{-1}(B) : B \in \mathcal{F}\}$ est la plus petite tribu sur $E$ qui rend $f: E \rightarrow (F, \mathcal{F})$ mesurable.
  • Si $(f_i)_{i \in I}$ est une famille de fonctions $E \rightarrow F$, alors $\sigma(f_i, i \in I) = \sigma\left(\{f_i^{-1}(B_i) : i \in I, B_i \in \mathcal{F}\}\right)$ est la plus petite tribu sur $E$ qui rend toutes les fonctions $f_i: E \rightarrow (F, \mathcal{F})$ mesurables.

Définition (Tribu cylindrique) : On considère $\mathbb{R}^{[0,1]} = \{f:[0,1]\to\mathbb{R}\}$. Pour tout $t \in [0,1]$, on pose :

$$\Pi_t : \mathbb{R}^{[0,1]} \rightarrow \mathbb{R}, \quad f \mapsto f(t), $$

appelée projection. On définit sur $\mathbb{R}^{[0,1]}$ la tribu

$$\mathcal{B}(\mathbb{R})^{\otimes [0,1]} = \sigma(\Pi_t : 0 \le t \le 1) = \sigma\left(\Pi_t^{-1}(B) : 0 \le t \le 1, B \in \mathcal{B}(\mathbb{R})\right) $$

qui est la plus petite tribu sur $\mathbb{R}^{[0,1]}$ qui rend toutes les projections mesurables, appelée tribu produit ou tribu cylindrique.

Définition (Cylindres) : Les ensembles de la forme :

$$\Pi_{t_1}^{-1}(A_1) \cap \Pi_{t_2}^{-1}(A_2) \cap \dots \cap \Pi_{t_k}^{-1}(A_k) = \{f : [0,1] \rightarrow \mathbb{R}, f(t_1) \in A_1, \dots, f(t_k) \in A_k\} $$

pour $0 \le t_1 < t_2 < \dots < t_k \le 1$ et $A_1, \dots, A_k \in \mathcal{B}(\mathbb{R})$, sont appelés cylindres. Ils forment un $\pi$-système générateur de la tribu cylindrique.

Exemple : $\left\{f : [0,1] \rightarrow \mathbb{R} : -1 < f\left(\frac{1}{2}\right) < 2 \text{ et } f(1) > \sqrt{2}\right\} = \Pi_{\frac12}^{-1}\big(]-1, 2[\big) \cap \Pi_1^{-1}\big(]\sqrt{2}, \infty[\big)$ est un cylindre.

Proposition : Une fonction $X: (\Omega,\mathcal{A}) \rightarrow \left(\mathbb{R}^{[0,1]}, \mathcal{B}(\mathbb{R})^{\otimes [0,1]}\right)$, $\omega\mapsto \left(X_t(\omega)\right)_{0\leq t\leq 1}$ est mesurable si et seulement si pour tout $t \in [0,1]$, $X(t) : (\Omega,\mathcal{A}) \rightarrow (\mathbb{R}, \mathcal{B}(\mathbb{R}))$, $\omega\mapsto X_t(\omega)$ est mesurable.

Preuve :

$\boxed{\Rightarrow}$ Si $X$ est mesurable, $\Pi_t \circ X$ est mesurable comme composée de fonctions mesurables.

$\boxed{\Leftarrow}$ Il suffit de montrer que pour tout cylindre $C = \Pi_{t_1}^{-1}(A_1) \cap \dots \cap \Pi_{t_k}^{-1}(A_k)$, on a $X^{-1}(C) \in \mathcal{A}$, car les cylindres engendrent la tribu cylindrique. Mais

$$X^{-1}(C) = \{\omega \in \Omega : X_{t_1}(\omega) \in A_1, \dots, X_{t_k}(\omega) \in A_k\} $$

est mesurable par hypothèse.

Conséquences probabilistes :

  • $(X_t)_{0\leq t\leq 1}$ est une variable aléatoire à valeurs dans $\mathbb{R}^{[0,1]}$ si et seulement si $\forall t \in [0,1]$, $X_t$ est une variable aléatoire réelle.

  • Si $(X_t)_{0\leq t\leq 1}$ est une variable aléatoire à valeurs dans $\mathbb{R}^{[0,1]}$, sa loi est caractérisée par les probabilités des cylindres : $\mathbb{P}(X_{t_1}\in A_1,\dots,X_{t_k}\in A_k)$, appelées marginales fini-dimensionnelles. En particulier, deux v.a. $(X_t)_{0\leq t\leq 1}$ et $(Y_t)_{0\leq t\leq 1}$ à valeurs dans $\mathbb{R}^{[0,1]}$ ont même loi ssi $\forall 0 \le t_1 < \dots < t_k \le 1$, on a

    $$(X_{t_1}, \dots, X_{t_k}) \overset{\text{loi}}{=} (Y_{t_1}, \dots, Y_{t_k}) $$

Proposition : Soient $(X_t)_{0\leq t\leq 1}$ et $(Y_t)_{0\leq t\leq 1}$ deux v.a. à valeurs dans $\mathbb{R}^{[0,1]}$ définies sur le même espace de probabilité. Alors : $(X_t)_{0\leq t\leq 1} \indep (Y_t)_{0\leq t\leq 1}$ ssi $\forall 0\leq s_1<s_2\cdots<s_k\leq 1$ on a $(X_{s_1},\dots,X_{s_k})\indep(Y_{s_1},\dots,Y_{s_k})$.

Preuve :

$\boxed{\Rightarrow}$ Ceci provient du principe de composition.

$\boxed{\Leftarrow}$ On a alors $\mathbb{P}(X \in C, Y \in C') = \mathbb{P}(X \in C) \, \mathbb{P}(Y \in C')$ pour tous cylindres $C, C'$. Les cylindres formant un $\pi$-système générateur de la tribu cylindrique, le résultat en découle.

2) Tension, théorème de Prokhorov ​

La notion de tension est en quelque sorte l'équivalent probabiliste de la compacité. On note ici $\mathcal{M}_1(\mathbb{R})$ l'ensemble des mesures de probabilité sur $(\mathbb{R}, \mathcal{B}(\mathbb{R}))$ et $\Rightarrow$ la convergence étroite.

Définition : On dit qu'une famille $(\mu_i)_{i \in I}$ de mesures de $\mathcal{M}_1(\mathbb{R})$ est tendue si

$$\forall \varepsilon > 0, \ \exists A > 0, \ \sup_{i \in I} \mu_i(\mathbb{R} \setminus [-A, A]) \le \varepsilon $$

Définition : On dit qu'une famille $(X_i)_{i \in I}$ de variables aléatoires réelles est tendue si la famille de leurs lois l'est.

Exemple : Si $(X_i)_{i \in I}$ est une famille bornée dans $L^1$ (i.e. $\exists C>0$, $\sup\limits_{i \in I} \mathbb{E}[|X_i|] \le C$), alors $(X_i)_{i \in I}$ est tendue. En effet, par l'inégalité de Markov :

$$\mathbb{P}(|X_i| \ge A) \le \frac{\mathbb{E}[|X_i|]}{A} \le \frac{C}{A} $$

Remarque : Une suite $(\mu_n)_{n \ge 1}$ de $\mathcal{M}_1(\mathbb{R})$ est tendue ssi

$$\forall \varepsilon > 0, \ \exists A > 0, \ \limsup_{n \rightarrow \infty} \mu_n(\mathbb{R} \setminus [-A, A]) \le \varepsilon $$

Ceci provient du fait qu'une mesure $\mu \in \mathcal{M}_1(\mathbb{R})$ est toujours tendue puisque $\lim\limits_{A \rightarrow \infty} \mu(\mathbb{R} \setminus [-A, A]) = 0$.

Théorème (Prokhorov) : Soit $(\mu_n)_{n \ge 1}$ une suite de $\mathcal{M}_1(\mathbb{R})$. Alors, $(\mu_n)_{n\geq1}$ est tendu $\iff\forall$ extraction $\phi$, $\exists$ extraction $\psi$ t.q. $\left(\mu_{\phi\circ\psi(n)}\right)_{n\geq1}$ converge étroitement.

Par extraction, on veut dire sous-suite, ou plus formellement, une injection croissante $\phi: \mathbb{N}^* \rightarrow \mathbb{N}^*$.

Preuve :

$\boxed{\Leftarrow}$ Par l'absurde, on suppose $\exists \varepsilon > 0$ t.q. $\forall n\geq 1$, $\mu_{\phi(n)}(\mathbb{R} \setminus [-n, n]) > \varepsilon$ (On peut prendre $\phi$ croissante car, pour $n$ fixé, l'inégalité $\limsup_{i \to +\infty} \mu_i(\mathbb{R}\setminus[-n,n]) > \varepsilon$ implique qu'il existe une infinité d'indices $i$ tels que $\mu_i(\mathbb{R}\setminus[-n,n]) > \varepsilon$. On peut alors choisir un de ces indices strictement supérieur à $\phi(n-1)$ et le noter $\phi(n)$). Par hypothèse, soit $\psi$ une extraction t.q. $(\mu_{\phi \circ \psi(n)})$ convergeant étroitement vers $\mu \in \mathcal{M}_1(\mathbb{R})$. Alors pour $x>0$ t.q. $\mu(\{x\}) = \mu(\{-x\}) = 0$, pour $n$ assez grand, $[-x,x]\subset[-\psi(n),\psi(n)]$. Donc

$$\mu([-x, x]) = \lim_{n \rightarrow \infty} \mu_{\phi \circ \psi(n)}([-x, x]) \le \liminf_{n \rightarrow \infty} \mu_{\phi \circ \psi(n)}([-\psi(n), \psi(n)]) \le 1 - \varepsilon. $$

En faisant $x \rightarrow \infty$, on obtient $\mu(\mathbb{R}) \le 1 - \varepsilon$, ce qui est absurde.

$\boxed{\Rightarrow}$ Quitte à travailler avec $\mu_{\phi(n)}$, on suppose $\phi=\text{identit\'e}$.

Étape 1 : Identifier une limite potentielle. On pose $F_n = F_{\mu_n}$ la fonction de répartition de $\mu_n$. Pour tout $q \in \mathbb{Q}$, la suite $(F_n(q))_{n \ge 1}$ est bornée dans $[0, 1]$. Par un argument diagonal (procédé d'extraction diagonale), il existe une extraction $\psi$ telle que pour tout $q \in \mathbb{Q}$, $(F_{\psi(n)}(q))_{n \ge 1}$ converge vers une limite notée $F_\infty(q)$. On pose alors

$$F(x) = \inf\{F_\infty(q) : q > x, q \in \mathbb{Q}\} $$

On vérifie que $F$ est croissante et continue à droite. Soit $\varepsilon > 0$ et $A>0$ t.q. $\sup\limits_{n\geq 1}\mu_n(\mathbb{R} \setminus [-A, A]) \le \varepsilon$. Soit $q \in \mathbb{Q}$ avec $q > A$. Alors $F_n(q) \ge 1 - \varepsilon$. En passant à la limite, $F_\infty(q) \ge 1 - \varepsilon$, d'où $F(A) \ge 1 - \varepsilon$. On montre de même que $F(-A) \le \varepsilon$. Donc $\lim_{-\infty} F = 0$ et $\lim_{+\infty} F = 1$. Ainsi, il existe une unique mesure $\mu \in \mathcal{M}_1(\mathbb{R})$ telle que $F = F_{\mu}$ (c'est la mesure de Lebesgue-Stieltjes associée à $F$, image de la mesure de Lebesgue sur $]0,1[$ par $x\mapsto\inf\{y\in\mathbb{R}:F(y)\geq x\}$).

Étape 2 : On vérifie que $\mu_{\psi(n)} \Rightarrow \mu$. Soit $x\in\mathbb{R}$ t.q. $\mu(\{x\}) = 0$. Alors

$$F(x) = \sup\{F_\infty(q) : q < x, q \in \mathbb{Q}\} = \inf\{F_\infty(q) : q > x, q \in \mathbb{Q}\} $$

Ainsi, si $q < x < q'$ avec $q, q' \in \mathbb{Q}$ :

$$\begin{align*}F_\infty(q) = \lim_{n\to\infty} F_{\psi(n)}(q) &\le \liminf_{n \rightarrow \infty} F_{\psi(n)}(x)\\ &\le \limsup_{n \rightarrow \infty} F_{\psi(n)}(x)\\ &\le \limsup_{n\to\infty} F_{\psi(n)}(q') = F_\infty(q')\end{align*} $$

En faisant $q \uparrow x$ et $q' \downarrow x$, on conclut que $F_{\psi(n)}(x) \xrightarrow[n\to\infty]{} F(x)$, ce qui prouve la convergence étroite.

Lemme des sous-sous-suites pour les mesures : Soient $\mu_n, \mu \in \mathcal{M}_1(\mathbb{R})$. Alors $\mu_n \Rightarrow \mu$ ssi $\forall \phi$ extraction, $\exists\psi$ extraction t.q. $\mu_{\phi\circ\psi}\Rightarrow\mu$.

Preuve :

$\boxed{\Rightarrow}$ OK.

$\boxed{\Leftarrow}$ Par l'absurde, soit $\varepsilon>0$, $f\in\mathcal C_\text{b}(\mathbb{R})$ et $\phi$ extraction t.q. $\forall n$, $|\mu_{\phi(n)}(f)-\mu(f)|\geq\varepsilon$. Par hypothèse, $\exists\psi$ extraction t.q. $\mu_{\phi\circ\psi(n)}\Rightarrow\mu$. Alors $\mu_{\phi\circ\psi(n)}(f)\longrightarrow\mu(f)$, contradiction.

Corollaire : Soit $(\mu_n)_{n \ge 1}$ une suite de $\mathcal{M}_1(\mathbb{R})$. Alors $\mu_n \Rightarrow \mu$ si et seulement si :

  1. $(\mu_n)_{n \ge 1}$ est tendue.
  2. Pour toute sous-suite convergente vers une mesure $\nu \in \mathcal{M}_1(\mathbb{R})$, on a $\nu = \mu$ (Unicité de la limite).

Preuve :

$\boxed{\Rightarrow}$ Clair.

$\boxed{\Leftarrow}$ On raisonne par l'absurde. D'après le lemme précédent, $\exists\phi$ extraction t.q. $\forall \psi$ extraction, $\mu_{\phi\circ\psi(n)}\not\Rightarrow\mu$. Or $(\mu_n)$ est tendue, donc $\exists\psi$ extraction et $\nu\in\mathcal M_1(\mathbb{R})$ t.q. $\mu_{\phi\circ\psi(n)}\Rightarrow\nu$. Donc $\nu=\mu$ par hypothèse, absurde.

Remarque : Le théorème de Prokhorov reste vrai pour des variables aléatoires à valeurs dans des espaces métriques généraux (complets ayant une suite dénombrable dense), comme par exemple $\mathcal{C}([0,1], \mathbb{R})$ muni de la norme uniforme. En pratique, pour montrer une convergence en loi dans ces espaces, on procède comme suit. Pour montrer que $X_n\xrightarrow[]{(\text{d})}X$ :

  1. TENSION : On montre que la suite $(X_n)$ est tendue.
  2. UNICITÉ DE LA LIMITE : On montre que si $X_{\phi(n)}\xrightarrow[]{(\text{d})}Y$, alors $Y\overset{(\text{d})}{=}X$ en utilisant une propriété qui caractérise les mesures de probabilité.

3) Théorème de représentation de Skorokhod ​

On présente ici un résultat qui permet en quelque sorte de "transformer" une convergence en loi en convergence presque sûre.

Théorème : Soient $(X_n)_{n \ge 1}$ et $X$ des variables aléatoires réelles telles que $X_n \xrightarrow{\text{loi}} X$. Alors il existe un espace de probabilité $(\Omega', \mathcal{A}', \mathbb{P}')$ et des v.a. $(Y_n)_{n \ge 1},Y:\Omega'\to\mathbb{R}$ t.q.

  1. $\forall n \ge 1$ fixé, $Y_n \overset{\text{loi}}{=} X_n$, $Y \overset{\text{loi}}{=} X$.
  2. $Y_n \xrightarrow[n\to\infty]{\text{p.s.}} Y$.

Preuve :

Pour simplifier, nous allons supposer que les fonctions de répartition $F_n$ de $X_n$ et $F$ de $X$ sont continues et strictement croissantes (et donc des bijections de $\mathbb{R}$ dans $]0,1[$). Dans le cas général, on utilise l'inverse généralisé. (cf. cours 3)

Prenons $(\Omega',\mathcal{A},\mathbb{P}') = (]0,1[,\mathcal{B}(]0,1[),\text{Lebesgue})$ et $U:x\mapsto x$ de sorte que $U$ suit la loi uniforme. On définit $Y_n=F_n^{-1}(U)$, $Y = F^{-1}(U)$. Comme $X_n \xrightarrow{\text{loi}} X$, on a $F_n \rightarrow F$ simplement, et donc $F_n^{-1} \rightarrow F^{-1}$ simplement. On en déduit que $Y_n \rightarrow Y$ partout (donc presque sûrement). On a vu au cours 3 que $Y_n$ a pour fonction de répartition $F_n$, donc $Y_n \overset{\text{loi}}{=} X_n$. De même $Y \overset{\text{loi}}{=} X$, ce qui conclut.

⚠️ Toute information sur les lois jointes des $X_n$ est perdue lors de cette construction (par exemple, si les $(X_n)$ étaient indépendantes, les $(Y_n)$ n'ont aucune raison de l'être).

Remarque : Ce théorème est également vrai pour des variables aléatoires à valeurs dans des espaces métriques généraux (complets ayant une suite dénombrable dense), mais la preuve est plus délicate.

Application : Soient $X_n, X$ des v.a. réelles telles que $X_n \xrightarrow{\text{loi}} X$. Soit $f: \mathbb{R} \rightarrow \mathbb{R}$ une fonction t.q. $f$ est presque sûrement continue en $X$. Alors :

$$f(X_n) \xrightarrow{\text{loi}} f(X) $$

Preuve :

D'après le théorème de représentation de Skorokhod, il existe des variables $(Y_n)_{n\geq 1}$ et $Y$ définies sur un même espace de probabilité t.q. $Y_n \overset{\text{loi}}{=} X_n$, $Y \overset{\text{loi}}{=} X$ et $Y_n \xrightarrow{\text{p.s.}} Y$. Comme $Y \overset{\text{loi}}{=} X$, $f$ est presque sûrement continue en $Y$. Donc $f(Y_n) \xrightarrow{\text{p.s.}} f(Y)$. Or, la convergence presque sûre implique la convergence en loi. Donc $f(Y_n) \xrightarrow{\text{loi}} f(Y)$. Mais $f(Y_n) \overset{\text{loi}}{=} f(X_n)$ et $f(Y) \overset{\text{loi}}{=} f(X)$, d'où le résultat.

Exemple : Si $X_n \xrightarrow{\text{loi}} X$ avec $X > 0$ p.s., alors $\dfrac{1}{X_n} \xrightarrow{\text{loi}} \dfrac{1}{X}$.